Zika, état d’urgence de santé publique

Le virus zika, proche cousin de la dengue et du chikungunya est transmis par le moustique tigre.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré un état d’urgence de santé publique pour le virus Zika. La meilleure prévention reste de se protéger contre les piqûres de moustiques. La particularité du virus est que, dans beaucoup de cas, le patient n’a que très peu de symptômes et qu’il ne se sait donc pas qu’il a été infecté. Les femmes enceintes doivent être particulièrement vigilantes car en début de grossesse une infection du fœtus peut être fatale à ce dernier.

Si vous avez le moindre doute, vous devez tout de suite consulter votre médecin.

Qu’appelle-t-on le Zika ?

mosquito-1_custom-514eb2998209b4cc714976dd9249f22bf864e20e-s900-c85Le Zika est une maladie due à un virus (arbovirus) transmis par les moustiques. Le virus Zika appartient à la famille des Flaviviridae du genre Flavivirus, comme ceux de la dengue et de la fièvre jaune.

Comment se transmet la maladie ?

  • La transmission du virus est très majoritairement réalisée par des moustiques. Lors d’une piqûre, le moustique se contamine en prélevant le virus dans le sang d’une personne infectée. Le virus se multiplie ensuite dans le moustique, qui pourra, à l’occasion d’une autre piqûre, transmettre le virus à une nouvelle personne. Une personne infectée est « contaminante pour les moustiques » au moment où le virus est présent dans son sang c’est-à-dire pendant la phase de développement de l’infection dans le corps, soit 12 jours après la piqure infectante. Pendant cette période il faut éviter qu’une personne infectée ne se fasse piquer, et qu’elle transmette ainsi le virus à d’autres moustiques (du genre Aedes), et ainsi d’éviter l’entretien du cycle de transmission virale.
  • Le virus peut aussi se transmettre de la mère à l’enfant si la mère est contaminée pendant sa grossesse.
  • Il existerait des risques de transmission sexuelle.

Quels sont les symptômes de la maladie ? Quelles peuvent-être les complications ?

Les symptômes se caractérisent par une éruption cutanée avec ou sans fièvre même modérée. Les autres signes décrits au cours de cette infection sont : fatigue, douleurs musculaires et articulaires, conjonctivite, maux de tête et douleurs rétro-orbitaires. Il est difficile, sur ces seuls symptômes, de faire un diagnostic, notamment lorsque coexistent dans la zone d’autres arboviroses telles que la dengue ou le chikungunya. De plus, il existe des formes de la maladie sans symptômes apparents (entre 70 et 80 % d’asymptomatiques).

Cependant, il existe deux types de complications.

Des complications neurologiques en lien avec l’infection par le virus Zika, de type syndrome de Guillain-Barré, ont été décrites au Brésil et en Polynésie française. Des microcéphalies et des anomalies du développement cérébral intra-utérin ont également été observées chez des fœtus et des nouveaux nés de mères enceintes pendant la période épidémique ; des travaux de recherche sont actuellement conduits dans ces pays pour mieux décrire et comprendre ces complications.

Existe-t-il un traitement spécifique du Zika ?

Il n’existe pas à ce jour de traitement spécifique contre le Zika. Le traitement est avant tout symptomatique (traitement de chacun des symptômes) et repose notamment sur la prise d’antalgiques (comme le paracétamol), et le repos. De plus, les médicaments de type salicylés (aspirine) sont à éviter du fait de la coexistence de la dengue dans les zones où circule le virus et du risque induit de saignement. Il est important de consulter un médecin en cas de signes évocateurs, tout particulièrement pour les femmes enceintes compte-tenu des complications chez l’enfant à naître.

Existe-t-il un vaccin contre le virus ?

Actuellement, aucun vaccin n’existe contre la maladie Zika.

Quelles sont les recommandations pour les femmes enceintes résidant ou désirant se rendre dans une zone touchée par une épidémie de Zika ?

Il est spécialement recommandé aux femmes enceintes de se protéger par tous les moyens disponibles contre les piqûres de moustiques et tout particulièrement au cours des  deux premiers trimestres  de la grossesse.
Il est important pour toutes les femmes enceintes résidant en zone épidémique, avec ou sans antécédents de piqure de moustiques ou de symptômes de l’infection à Zikavirus, d’avoir un suivi médical de grossesse adapté.
Pour les voyageurs, il est recommandé aux femmes enceintes qui se rendraient dans des régions touchées par le Zika, de consulter, préalablement à leur déplacement, leur médecin traitant. Cette consultation permettra de juger de l’opportunité du voyage en fonction de l’état de santé des individus, des risques encourus et des moyens de prévention individuelle.
Pour cela, outre les moyens de protection physique (port de vêtement longs couvrant les bras et les jambes jusqu’au chevilles, si possible imprégnés de répulsif, moustiquaires imprégnées dans l’habitat…), il leur est fortement recommandé d’utiliser y compris dans la journée un produit répulsif adapté en respectant les précautions. La liste de ces produits adaptés est disponible sur le site du ministère de la santé.
S’agissant de voyages avec des jeunes nourrissons, les moyens de protection contre les piqûres de moustiques sont limités (impossibilité d’utiliser des répulsifs corporels avant l’âge de 2 mois, seule la moustiquaire imprégnée de répulsif et le port de vêtements amples couvrant les membres peuvent les protéger). Les berceaux et les poussettes doivent aussi être protégés par des moustiquaires imprégnées. Il appartient donc aux familles, en lien avec le médecin traitant, de déterminer l’intérêt d’un séjour touristique avec un jeune nourrisson.

Comment se protéger contre le Zika ?

La prévention individuelle repose sur les moyens de protection contre les piqûres de moustique en utilisant différents moyens physiques et chimiques.

Il est recommandé :

  • de porter dans la journée (et en particulier en début et fin de journée, périodes d’intense activité du moustique vecteur) des vêtements amples et long couvrant également les bras et les jambes jusqu’aux chevilles,
  • d’utiliser de préférence des vêtements imprégnés avec un produit insecticide spécial pour tissu, dans les zones de prolifération intense des moustiques ou en cas de contre-indication aux répulsifs (nouveau-nés, nourrisson jusqu’à trois mois),
  • d’utiliser des répulsifs sur les zones découvertes de la peau. Des précautions sont à respecter chez la femme enceinte et l’enfant (prendre avis auprès de son médecin ou d’un pharmacien),
  • d’utiliser des moustiquaires, des diffuseurs électriques à l’intérieur des maisons et des « bandeaux collants » imprégnés d’insecticide fixés au plafond des pièces de l’habitat.

Que faire en cas de maladie pour les résidents et les voyageurs rentrant des zones épidémiques ?

Pour toute apparition de signes cliniques évocateurs (Eruption cutanée, avec ou sans fièvre même modérée et au moins deux signes parmi les suivants : douleurs conjonctivales, douleurs musculaires et articulaires (arthralgies myalgies), il est nécessaire de consulter un médecin sans délai pour préciser le diagnostic et bénéficier d’une prescription de médicaments adaptés. Pour les voyageurs, l’apparition de ces symptômes peut intervenir jusqu’à 12 jours suivant le départ d’une zone où circule le Zika et nécessite de consulter un médecin en lui précisant la destination et les dates du séjour. Rappelons qu’il est impératif de se protéger contre les piqûres de moustique pendant le séjour.

l-oms-utilise-egalement-les-fonds-pour-communiquer_3600612_1000x500Comment réduire la présence des moustiques à l’intérieur et autour de l’habitation ?

Pour réduire la présence de moustiques à l’intérieur et autour de son habitation, il faut détruire les gîtes larvaires, c’est-à-dire les lieux de ponte du moustique. Après chaque pluie, il est conseillé d’effectuer une visite autour de la maison et de supprimer tous les récipients, objets divers, déchets, végétation qui contiennent de l’eau, car c’est dans ces rétentions d’eau que le moustique va pondre. Les récipients de stockage d’eau de pluie doivent être fermés hermétiquement ou recouverts d’une moustiquaire, les soucoupes sous les pots de fleurs doivent être supprimées, l’eau des vases doit être renouvelée au moins une fois par semaine.

Existe-t-il une transmission du virus d’homme à homme ?

La transmission s’effectue  par le biais d’un moustique qui pique une personne atteinte de la maladie Zika. Quelques jours plus tard, le moustique infecté devient contaminant. Ce moustique peut alors transmettre le virus à une autre personne saine en la piquant. Il faut 3 à 12 jours pour que les symptômes du  de l’infection à Zikavirus apparaissent chez la personne contaminée par le moustique. Pendant au moins 1 semaine après l’apparition des symptômes, la personne malade peut contaminer un autre moustique sain si elle se fait piquer.
Les personnes atteintes du Zika ne sont pas contagieuses.

Dois-je me protéger aussi contre la piqûre des moustiques lorsque je suis atteint du Zika ?

Oui, il est indispensable de se protéger contre les piqûres lorsqu’on présente les symptômes du Zika. En effet, pendant les 7 premiers jours de la maladie, la personne malade est porteuse du virus dans son sang. Chaque moustique qui piquera une personne malade durant cette période se contaminera en prélevant le sang et donc le virus. Se protéger pendant cette période, c’est éviter de transmettre l’infection à son entourage.

Quelle est le nombre de malformations cérébrales observées pendant les épidémies de Zika ?

La proportion d’anomalies cérébrales (incluant des microcéphalies) chez les nouveaux nés en Polynésie française pour des grossesses qui se sont déroulées pendant l’épidémie de Zika est estimée entre 0,4% à 1% (données préliminaires en cours de publication). Il s’agissait de petits effectifs et les extrapolations doivent être prudentes.

Les données rapportées par le Brésil qui mentionnent une multiplication des microcéphalies par un facteur 10, voire 20 dans certains Etats, comparé au taux habituellement observé, doivent aussi être interprétées avec une grande prudence en attendant les résultats des études épidémiologiques.

zika-virus-blogQuelles sont les données publiées sur la transmission sexuelle du virus Zika ?

La première et seule observation publiée à ce jour d’une transmission sexuelle du virus Zika concerne un couple américain en 2008. Le mari a contracté l’infection au Sénégal, son épouse ayant déclaré la maladie neuf jours après le retour de celui-ci. Le seul facteur de transmission retrouvé est l’existence de relations sexuelles avec son époux dans les jours qui ont suivi son retour. Le virus Zika n’a pas été recherché dans le sperme. Le diagnostic a été sérologique chez les deux patients. Un autre cas a été signalé en janvier 2016 au Texas chez une patiente dont le partenaire sexuel revenait d’un voyage au Venezuela.

Le virus Zika se transmet-t-il par voie sanguine ?

La transmission par le sang est actuellement considérée comme possible bien qu’il n’y ait pas eu à ce jour de tel cas de transmission décrite dans la littérature scientifique. Cependant, des mesures de sécurisation des produits sanguins et de restriction des donneurs de sang ont été prises. Ainsi, depuis le 4 janvier 2016, les femmes enceintes résidant aux Antilles et en Guyane ayant besoin d’une transfusion de concentrés de globules rouges reçoivent des produits en provenance de la métropole.
Les personnes souhaitant donner leur sang en métropole et dans les territoires ultra-marins non touchés par le Zika font l’objet d’une contre-indication temporaire de 28 jours, lorsqu’ils reviennent d’une région où sévit le virus Zika dans l’attente de la mise à disposition de l’EFS de test de dépistage.

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