La fête des mères, origines et évolutions

Comme chaque année à l’occasion de la Fête des mères, la ville de Trois-Rivières renouvelle son hommage aux mamans de la collectivité à travers d’un rendez-vous festif programmé samedi 28 mai dès 15 heures à la Villa pastorale. Au programme spectacle de  chants et de poésie, remise de cadeaux et partage d’un goûter.

Mais quelles sont les origines de la fête des mères ?

Cette célébration n’est pas liée à la tradition catholique et doit son existence aux politiques familiales et natalistes qui ont été mises en place en France depuis le début du XXème siècle. Mais cette célébration de la maternité existe sous diverses formes dès l’Antiquité. Après diverses tentatives peu concluantes en France, c’est le régime de Vichy qui introduit définitivement la fête des mères dans le calendrier et accompagne ce mouvement d’une vaste opération de propagande. Aujourd’hui, c’est une loi de 1950 qui ancre la fête des mères dans le calendrier, un dimanche qui n’est cependant pas un jour férié. Les premiers cultes en direction des mamans remonteraient à la Grèce antique. Au printemps, on honorait Rhéa, titan féminine, fille de Gaïa (la Terre), d’Ouranos (le Ciel) et mère de Zeus et Poséidon. Une tradition qui se poursuit à l’époque romaine, où Rhéa devient Cybèle.

tumblr_mme79m0RFc1qzmh88o1_500 En 1806, Napoléon aurait envisagé la création d’une fête rendant hommage aux mères au printemps, moment de renaissance de la nature. Sans que l’on ne sache pourquoi, l’idée aurait été abandonnée. Elle revient dans l’air du temps au début du XXème siècle. Le mouvement nataliste et hygiéniste veut célébrer le rôle de la mère dans l’éducation des enfants. C’est la commune d’Artas, au nord-ouest de l’Isère, qui revendique l’invention de la fête des mères. Un certain Prosper Roche, homme moustachu et fondateur de l’Union Fraternelle des Pères de Famille Méritants d’Artas (fondée « dans l’unique désir d’apporter un rayon consolateur au foyer de ceux qui plient sous le poids de leur trop lourd fardeau »), organisa le 10 juin 1906 une cérémonie rendant hommage aux mères de familles nombreuses. Ce jour-là, deux mères de neuf enfants reçurent le « prix de Haut mérite maternel ».

C’est le régime de Vichy qui inscrira la fête des mères au calendrier. Après la défaite de 1940, le maréchal Pétain met en place la Révolution nationale, une idéologie rejetant le parlementarisme mais faisant l’apologie de valeurs supposées traditionnelles autour du triptyque « Travail, famille, patrie ». La propagande s’adresse aux mères de famille : « Mamans, la femme coquette, sans enfants n’a pas de place dans la cité, c’est une inutile. La mère de famille y a son rôle parce qu’elle est compétente, c’est sur leurs genoux que se forme ce qu’il y a de plus excellent dans le monde, un honnête homme ».

791-104Après la Seconde guerre mondiale, la fête des mères n’est pas abandonnée. La loi du 24 mai 1950, signée par le président Vincent Auriol, fixe les modalités de la célébration : Article 1er – La République française rend officiellement hommage chaque année aux mères françaises au cours d’une journée consacrée à la célébration de la « Fête des mères ». Le ministre de la santé publique et de la population est chargé, avec le concours de l’union nationale des associations familiales, de l’organisation de cette fête.

Depuis 2004, c’est le ministère de la Famille qui prend en charge la fête des mères, avec le concours de l’UNAF, c’est à dire de l’union des associations familiales (Familles de France, Familles rurales, Union des familles laïques, etc.). Selon une étude de 2011, réalisée par Ipsos pour Unibail-Rodamco, 81 % des familles célèbrent la fête des mères.

La fête des mères suscite cependant la colère de nombreux critiques lesquels dénoncent dès les années 1910, la commercialisation de l’évènement qui en dénaturait l’esprit.

Autre approche critique, celle des féministes. En 2013, l’association Osez le féminisme écrivait dans sa publication interne : « la Fête des mères, c’est malheureusement et avant tout unevictoire du sexisme ». Parmi les griefs, une « conception étriquée de la parentalité ». « Que fait-on alors lorsque l’on a deux  mamans, une belle-mère ou même  une maman décédée ? », s’interroge l’association. Par ailleurs, les origines de la fête renvoient, pour certains, à la fonction de génitrice plutôt que de femme. La « fête des mères de familles nombreuses », telle qu’expérimentée avant-guerre en France, avait par exemple pour ambition d’offrir une récompense symbolique à des femmes pourtant la responsabilité d’enfants multiples et non de participer à la libération des femmes.

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