Carnaval et MST aux Antilles

Des études on mis en évidence une augmentation du nombre de rapports sexuels en période carnavalesque. De fait, les naissances explosent vers septembre. Mais plus important, les comportements à risques engendrés par la fièvre du carnaval génèrent une augmentation exponentielle du nombre de personnes ayant contracté des Maladies Sexuellement Transmissibles (MST) ou Infections Sexuellement Transmissibles (IST). Face à ce problème récurrent, une campagne de sensibilisation est mise en place afin de communiquer sur les dispositions à prendre.

Une étude réalisée par des chercheurs des universités des Antilles, de Rennes et des médecins du CHU, révèle, après 11 années d’observation, un lien de cause à effet entre carnaval, grossesses et contamination.

Ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs.

Dans un premier temps, le corps en action, le visuel, la musique, l’envoûtement liés au carnaval sont autant d’éléments qui « émoustillent » la libido  Il s’agit là d’un mécanisme chimique. Les groupes carnavalesques sont des espaces où les corps se rencontrent… Ce qui donne très souvent des relations sans lendemain, non protégées de surcroit.

Autre facteur, le désaveu grandissant vis-à-vis du préservatif. En 2010, seuls 34% des hommes de 18-30 ans interrogés ont eu recours à la capote lors de leur premier rapport à l’échelle nationale. Jugé trop contraignant, le préservatif, dans une société antillaise machiste, n’a jamais réellement été en odeur de sainteté…

Pire, la pilule elle même enregistre une baisse d’utilisation induite par la crise de confiance consécutive au débat autour de la pilule de 3ème et 4ème génération et singulièrement leur non remboursement par la Sécurité Sociale.

Conséquences : Maladies sexuellement transmissibles, infections sexuellement transmissibles, contraception d’urgence, violences sexuelles.

Qu’est-ce qu’une MST ?

MST est l’abréviation pour maladie sexuellement transmissible. Anciennement nommée maladie vénérienne, une MST est une maladie infectieuse qui peut être causée par différents germesSida-ObservAlgérie pathogènes. Ces derniers sont transmis lors d’un rapport sexuel, quel que soit son type, entre deux partenaires. Certaines MST peuvent également être transmises par le sang et le lait maternel.

À quoi correspond une IST ?

IST est l’abréviation pour infection sexuellement transmissible. Depuis quelques années, le sigle IST tend à remplacer l’abréviation MST. D’après les autorités de santé publique, « utiliser le sigle IST, c’est inciter au dépistage (même) en l’absence de symptômes ». Par conséquent, la seule différence entre une IST et une MST concerne la terminologie utilisée. Les sigles IST et MST désignent les mêmes maladies.

Quelles sont les causes d’une MST (IST) ?

Une IST peut être causée par plus d’une trentaine d’agents pathogènes sexuellement transmissibles. Ces derniers peuvent être :

  • des bactéries, telles que Treponema pallidum, Neisseria gonorrhoeae et Chlamydia trachomatis ;
  • des virus, comme le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), le virus de l’hépatite B (VHB), le virus Herpes simplex (HSV) et le papillomavirus humain (PHV) ;
  • des parasites, dont Trichomonas vaginalis.

Quelles sont les principales MST (IST) ?

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les huit germes pathogènes évoqués ci-dessus sont impliqués dans la majorité des cas de MST. Parmi celles-ci, figurent :

  • la syphilis, une infection par la bactérie Treponema pallidum, qui se manifeste par un chancre et qui peut évoluer et entraîner d’autres complications si elle n’est pas prise en charge à temps ;
  • la gonorrhée, aussi nommée blennorragie ou « chaude-pisse », qui correspond à une infection par la bactérie Neisseria gonorrhoeae ;
  • la chlamydiose, souvent nommée chlamydia, qui est due à l’infection par la bactérie Chlamydia trachomatis et qui est l’une des IST les plus fréquentes dans les pays occidentaux ;
  • la trichomonase, une infection par le parasite Trichomonas vaginalis, qui se manifeste le plus souvent chez la femme par des pertes vaginales accompagnées de démangeaisons et de brûlures ;
  • l’infection par le virus de l’hépatite B (VHB), qui se traduit par une atteinte du foie ;
  • l’herpès génital, provoqué par le virus Herpes simplex, majoritairement de type 2 (HSV-2), qui se manifeste par des lésions vésiculaires au niveau des parties génitales ;
  • l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), qui est responsable du syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA) ;
  • l’infection par le papillomavirus humain, qui peut provoquer l’apparition de condylomes, des lésions génitales externes, et qui peut favoriser le développement d’un cancer du col de l’utérus.

Qui est concerné par les MST ?

Les MST peuvent être transmises lors d’un rapport sexuel, quel que soit son type, entre deux partenaires. Elles sont souvent diagnostiquées chez de jeunes adultes. Certaines IST peuvent également être transmises de la mère à l’enfant.

Quels sont les symptômes des MST ?

Les symptômes varient d’une MST à une autre. Ils peuvent également être différents chez les hommes et chez les femmes. Néanmoins, il existe certains signes évocateurs d’une IST, tels que :

  • une atteinte des organes génitaux, qui peut se traduire par des irritations, des démangeaisons, des rougeurs, des brûlures, des lésions ou encore des boutons ;
  • des pertes inhabituelles au niveau du vagin, de la verge ou de l’anus ;
  • des brûlures lors de la miction ;
  • une dyspaneurie, c’est-à-dire des douleurs et/ou des brûlures ressenties lors d’un rapport sexuel ;
  • des douleurs dans le bas-ventre ;
  • des signes associés comme de la fièvre et des maux de tête.

Quels sont les facteurs de risque de MST ?

Le principal facteur de risque de MST constitue un rapport sexuel à risque, c’est-à-dire un rapport sexuel non protégé.

Comment prévenir une MST ?

Il est possible de prévenir le développement d’une MST en limitant le risque d’infection grâce à quelques comportements simples :

  • Utilisation large et systématique du préservatif quand le couple est encore récent ou peu stable, et en cas de maladie connue du partenaire (exemple de l’herpès génital , du sida , et de l’hépatite B ).
  • Prendre le temps de connaître son partenaire. C’est à la fois le moyen pour instaurer la confiance dans le couple, et un moyen pour que le passé sexuel de l’un et de l’autre ait le temps de s’évacuer : il faut compter 2 mois pour l’apparition d’une séropositivité au VIH par exemple.
  • Limiter le nombre des partenaires pour une période donnée. Le chiffre idéal est 1 seul partenaire, ce qui signifie la fidélité. La fidélité est donc un moyen simple pour limiter le risque. Toutefois, cette fidélité a des limites puisqu’elle est liée à la confiance réciproque des deux partenaires.
  • Avoir une hygiène corporelle correcte limite les risques de transmission des parasites de la peau : galephtiriase , mais vous pouvez être propre vous-même et être contaminé, il ne faut pas balayer l’hypothèse de ces parasitoses pour ce motif.
  • Savoir que les grandes villes et les pays pauvres sont un réservoir de MST beaucoup plus important que les petites villes et les pays développés. Cette prise en compte de l’environnement doit influer sur le comportement sexuel.

Quand une MST ou IST est diagnostiquée, ou en cas de prise de risque, il est systématique de dépister ensuite l’ensemble des MST qui peuvent l’être, en particulier la syphilis, pour ne pas passer à côté de contaminations silencieuses.

MST & VIH les chiffres aux Antilles

Les Antilles-Guyane ont un taux de séropositivité une fois et demi à deux fois plus élevé que la France.

Les hétérosexuels âgés de 20 à 49 ans sont largement touchés, en particulier les hommes. Concernant les homosexuels, ils sont de plus en plus nombreux à se faire dépister et ils restent la population la plus touchée par le VIH, cela depuis 2015. Grâce au recueil de données dans les laboratoires, en ville et à l’hôpital, on découvre que les diagnostics précoces sont fréquents en Martinique (ils représentent 4 diagnostics sur 10), mais beaucoup moins en Guadeloupe. En revanche les diagnostics au stade avancé sont proches de 40% aux Antilles-Guyane.

De plus, les résultats de ces données montrent que les porteurs du Sida sont généralement infectés par d’autres IST comme la syphilis et la gonococcie (elles sont présentes chez 10% à 20% des cas VIH). Les populations en situation précaire et les populations carcérales sont les plus touchées.

Les réseaux de surveillances spécifiques aux IST bactériennes (RéSIST) montrent qu’en Guadeloupe, 70% des cas de syphilis dépistés sont des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes. Les cas de gonococcie dépistés sont âgés de 20 à 29 ans et représentent 52% des hommes hétéros, 36% des femmes et 12% des homosexuels hommes.

L’hépatite B

L’hépatite B est une maladie causée par le virus de l’hépatite B (VHB), et transmise lors d’un rapport sexuel, lors d’une exposition au sang ou par le biais d’objets contaminés. Aux Antilles-Guyane, les activités de dépistage sont supérieures à l’estimation faite pour la France métropolitaine (83 / 1 000 habitants en Guadeloupe, 66 / 1 000 hab. en Martinique contre 43 / 1 000 hab. en France métropolitaine). Le nombre de tests positifs en Guadeloupe est supérieur à celui de la France métropolitaine contrairement à la Martinique (92 / 100 000 habitants en Guadeloupe, 33 / 100 000 hab. en Martinique et 48 / 1 000 hab. en France métropolitaine)(Enquête réalisée par LaboHep, en 2013)

Toutefois de 2013 à 2015, en consultation de dépistage anonyme et gratuit (CDAG, devenu en 2016 CEGIDD) les taux de positivité aux Antilles étaient plus faibles qu’en France métropolitaine (0,48 % en Guadeloupe et 0,68 % en Martinique contre 0,87 % en France métropolitaine) ; les jeunes âgées de 20 à 29 ans représentant la part la plus importante de ce type de dépistage. (source : Bulletin de veille sanitaire — N° 2 / mai-juin 2017 / Spécial Hépatites B et C)

Même s’il existe un traitement pour vaincre la maladie, celui-ci ne permet pas d’obtenir une guérison définitive, mais la vaccination reste le moyen de prévention le plus efficace.

Les raisons de cette situation

Les professionnels de santé dénoncent le niveau de vie aux Antilles qui est globalement inférieur à celui de la Métropole, le taux de chômage largement supérieur et les obstacles d’accès au droit. Les nombreuses périodes de tension sociale et de chocs climatiques ne permettent pas aux acteurs locaux de lutter efficacement contre le VIH et les MST.

Le VIH et les IST restent un enjeu de santé publique particulièrement important pour nos îles. Ces diverses études permettant de se rapprocher de la réalité et de fournir des actions de dépistage et de promotion de la santé sexuelle adéquates aux besoins de nos territoires.

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*Sources Guadeloupe 1 ère – Doctissimo –  plateforme prévention sida – L’Express – Passeport Santé

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