Risques naturels, le volcan de la soufrière

Depuis le début de l’année 2018, l’Observatoire Volcanologique et Sismique de la Guadeloupe (OVSG) constate une augmentation de l’activité volcanique, qui se traduit notamment par une intensification de l’activité micro-sismique. S’il n’y a pas de risque d’éruption à très court terme, la déformation du dôme qui est en cours provoque des évènements à la surface. L’activité des fumerolles est ainsi plus importante sur une zone élargie avec l’apparition de nouveaux centres d’émission, des projections de boues brûlantes et acides, de roches…. Les zones d’instabilité avec des risques d’effondrement augmentent ainsi que les risques d’émanations toxiques.

Point culminant des Petites Antilles, la Soufrière ou « la Vielle Dame » avec ses 1467 mètres d’altitude, appartient à un ensemble volcanique qui comprend 5 autres volcans (La Citerne, la Madeleine, l’Échelle, Carmichaël et le Nez Cassé). Il s’agit d’un Stratovolcan actif de type Péléen. S’y dégage des fumerolles, des vapeurs de soufre et d’acide ainsi que des sources chaudes. La sismicité du volcan est actuellement en nette progression. En effet, courant octobre, l’observatoire a enregistré 1257 séismes d’origine volcanique.

Si l’activité de la Soufrière est en nette augmentation, la probabilité d’une éruption volcanique à court terme reste faible. Selon l’observatoire volcanologique et sismologique, la Soufrière est tout de même en train de se recharger et d’accumuler de l’énergie, comme en témoigne l’infiltration marquée des gaz magmatiques ainsi que les températures et pressions élevées, à l’intérieur du système hydrothermal. En décembre 2018, des variations soudaines et pulsatoires de l’activité des fumerolles des cratères sud ont même été observées avec des débits très forts. Une élévation de l’intensité s’est fait ressentir au début du mois de septembre en 2018, et s’est maintenue en octobre et novembre avant d’atteindre un niveau proche de celui d’avril 2018 , juste avant le séisme de magnitude 4,1 sur l’échelle de Richter.

L’observatoire se veut rassurant et conseille simplement par précaution de toujours se tenir à distance des cratères et gouffres rejetant des fumerolles.

Un nouveau périmètre de sécurité au sommet de la Soufrière

L’Observatoire volcanologique et sismologique de la Guadeloupe (OVSG) a constaté une augmentation des concentrations chimiques dans les fumerolles au sommet de la Soufrière. Les taux enregistrés sont dangereux pour les personnes qui s’en approcheraient.

Le préfet de la Guadeloupe a pris un arrêté pour élargir le périmètre de sécurité au sommet de la Soufrière afin de prévenir et réduire les risques pour les randonneurs. Ces derniers doivent donc prendre des précautions quant aux fumerolles sur le sommet de la Soufrière et respecter la signalisation en place.

Consulter l’arrêté ici.

Le Plan Orsec Volcan

Le plan ORSEC Volcan définit les mesures à prendre face au risque volcanique. Il est organisé autour de 4 scénarios qui entrainent des actions adaptées et proportionnées pour assurer la sécurité de la population. Présentation.

La Soufrière est un volcan vivant. Son activité est ponctuée d’éruptions essentiellement phréatiques qui provoquent l’expulsion violente d’eau du sol, pouvant engendrer des projections de blocs de pierre, des retombées de cendres, des coulées de boue et des glissements de terrain.

La dernière éruption phréatique connue est celle de 1976. Elle avait entraîné l’évacuation de la population résidant autour du Volcan.

Pour faire face à ce type de situation, les services de l’État ont élaboré, avec les scientifiques, les services de sécurité, de secours et de santé, les opérateurs de réseaux ainsi que les mairies concernées, un plan ORSEC Volcan. (ORSEC : Organisation de la Réponse de Sécurité Civile).

Ce plan a été mis à jour en 2018.

Les 4 scénarios du Plan ORSEC Volcan

  • Scénario zéro : Pas d’éruption mais observation de phénomènes associés à la Soufrière comme l’augmentation des fumerolles, la projection de boue, l’émanation de gaz toxiques…

C’est la situation actuelle qui a amené les autorités à élargir le périmètre de sécurité sur le dôme de la Soufrière, pour protéger les randonneurs.

Les 3 autres scénarios du Plan Volcan concernent des phases où le volcan entre en éruption :

  • Scénario 1 : une éruption avec des pics d’activité et des périodes d’accalmie
  • Scénario 2 : une éruption avec un développement lent et progressif, dont le paroxysme a lieu en fin d’évènement
  • Scénario 3 : une éruption, avec un développement rapide dont le paroxysme a lieu au début de l’évènement

Pour ces 3 derniers scénarios, les nuisances envisageables sont les mêmes : risque d’explosions avec des projections de blocs de pierre, coulées de boues, éboulements de terrain…

En fonction de ces nuisances, des mesures adaptées et proportionnées seront prises afin d’assurer la sécurité de la population. Une éventuelle évacuation obéirait nécessairement à un phasage défini par la préfecture en lien avec les mairies et l’OVSG, auquel devraient se conformer les habitants.

Globalement, les communes susceptibles d’être évacuées sont : Baillif, Basse-Terre, Bouillante, Capesterre-Belle-Eau, Gourbeyre, Saint-Claude, Trois-Rivières, Vieux-Fort, et Vieux Habitants.

Le plan ORSEC Volcan prévoit que chacune de ces communes doit conclure un jumelage avec une commune d’accueil non exposée au risque volcanique. Elles doivent également identifier des points de regroupement où les sinistrés non véhiculés pourront être pris en charge. En lien avec les services de secours et de santé, des dispositions sont également prises pour l’évacuation des personnes vulnérables et des patients hospitalisés.

Consulter la totalité du Plan ORSEC Volcan ici

Que faire en cas d’éruption volcanique ?

L’éruption du 15 août 1976

Il y a 43 ans, en 1976, le volcan de la Soufrière est entré en éruption, il y a eu des secousses, des dégagements de pierres, de cendres et de gaz. Le préfet de l’époque, Monsieur Jean-Claude Aurousseau donne l’ordre d’évacuer plusieurs villes de la Basse-Terre par camions, par voitures et par bateaux. L’opération durera jusqu’au 18 novembre et ce sont plus de 73 000 personnes de Vieux-Habitants à Capesterre principalement, qui quitteront leur domicile pour se réfugier principalement sur la Grande-Terre. Seuls quelques récalcitrants feront le choix de ne pas bouger. Les habitants de Vieux-Fort, protégés par les Monts Caraïbes, ont quant à eux été autorisés à rester chez eux.

L’éruption n’a causé que peu de dégâts et aucune victime, mis à part un séisme ressenti sur 30 km à la ronde.

Pour aller plus loin, radiographie de La Soufrière

Cette vidéo de 27 minutes réalisée par Arnaud Mansat (janvier 2016) illustre les recherches réalisées dans le cadre de l’ANR DIAPHANE copilotée par Dominique Gibert du laboratoire Géosciences Rennes de l’OSUR (Observatoire des sciences de l’univers de Rennes / université de Rennes 1), fruit d’une collaboration entre plusieurs équipes du CNRS (IN2P3 et INSU). L’expérimentation illustrée ici repose sur la radiographie via un scanner qui permet de faire une imagerie en 3D de la Soufrière.

Sources Préfecture Guadeloupe, ETV, Guadeloupe la 1ère, INA, Observatoire de Rennes, SIKANA

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