Caribe Wave 19, pour se préparer au risque tsunami

Le 14 mars prochain, la Guadeloupe participe à un exercice international de sécurité civile sur le risque tsunami, intitulé « Caribe Wave ». Chaque citoyen peut participer à son niveau à l’exercice, en s’inscrivant sur le site internet de Caribe Wave afin de choisir les actions qu’il mettra en œuvre ce jour là. Participer à un exercice public d’évacuation, préparer un kit d’urgence, organiser sa propre marche d’évacuation, relayer les messages d’alertes ou encore élaborer un plan d’urgence familial sont autant de façons de s’impliquer comme citoyen acteur de sa sécurité sur un territoire soumis à bon nombre de risques majeurs.

Le but de l’exercice est d’améliorer l’efficacité du système d’alerte aux tsunamis le long des côtes des Caraïbes et des régions adjacentes. Cet exercice donne l’occasion aux organismes de gestion des urgences de tester leurs lignes de communication opérationnelles, d’examiner leurs procédures d’intervention en cas de tsunami et de sensibiliser à la préparation aux tsunamis. Organiser des exercices réguliers des plans de secours est essentiel afin d’être prêt à intervenir en cas d’urgence. Cela est particulièrement vrai pour les Caraïbes et les régions adjacentes, où les tsunamis sont peu fréquents mais peuvent avoir un impact très important.

Le Groupe intergouvernemental de coordination du Système d’alerte aux tsunamis et autres risques côtiers dans la mer des Caraïbes et les régions adjacentes a décidé de mettre en place des exercices CARIBE WAVE chaque année. Lors de sa treizième session tenue à Willemstad (Curaçao) du 23 au 27 avril 2018, le GIC/CARIBE-EWS a proposé que l’exercice CARIBE WAVE 19 ait lieu le 14 mars 2019.

La Caraïbe teste son système d’alerte aux tsunamis

Les pays côtiers de la mer des Caraïbes organisent le 14 mars un exercice visant à évaluer et actualiser leurs plans de réponse aux tsunamis. Cet exercice mettra à l’épreuve le Système d’alerte rapide aux tsunamis et aux autres risques côtiers de la région, mis en place en 2005 sous l’égide de la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO. Il sera l’occasion de tester l’efficacité des dispositifs d’alerte pour les acteurs chargés de la gestion des situations d’urgence dans la région.

Baptisé Caribe Wave 19, cet exercice consiste en un double scénario : le premier prévoit la survenue d’un tsunami provoqué par un séisme de magnitude 6.0 associé pour la première fois à un événement volcanique : l’éruption sous-marine du Kick’em Jenny suivi d’un glissement de terrain. Le deuxième scénario porte sur un séisme de magnitude 8.5 dans le Prisme d’accrétion du nord de Panama. Des messages fictifs seront émis par le Centre d’alerte aux tsunamis dans le Pacifique (PTWC) et envoyés aux 46 pays et territoires participants.

Cet exercice rassemblera des représentants des structures nationales d’alerte, des services de secours d’urgence, des bureaux de prévision météorologique et des garde-côtes. Une participation active des écoles et des établissements hôteliers est également prévue cette année.

Au cours des cinq derniers siècles, 75 tsunamis ont eu lieu dans les Caraïbes, soient près de 10% du total mondial de tsunamis océaniques pour la période. Qu’ils soient générés par un tremblement de terre, un glissement de terrain ou d’origine volcanique, les tsunamis ont fait plus de 3 500 morts dans la région depuis le milieu du 19e siècle (Source : National Oceanic and Atmospheric Administration). Par ailleurs, l’explosion démographique et l’afflux de touristes dans les zones littorales ces dernières décennies ont fragilisé la région.

Créé en 2005 sous l’égide de la Commission océanographique intergouvernementale, le Groupe intergouvernemental de coordination du Système d’alerte rapide aux tsunamis et aux autres risques côtiers pour la mer des Caraïbes et les régions adjacentes (GIC/CARIBE-EWS) aide les Etats membres à mettre en place des systèmes d’alerte aux tsunamis.

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La pire catastrophe naturelle que le monde ait jamais connue a frappé la région Asie-Pacifique en décembre 2004, coûtant la vie à 227.000 personnes et réduisant à néant les moyens de subsistance d’environ 1,4 million de survivants.

 

Le tsunami se manifeste par une série de vagues pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres de haut. La plus grosse vague est rarement la première, mais plutôt l’une des vagues suivantes qui, outre sa propre énergie potentielle, récupère l’énergie d’une vague qui s’est déjà brisée et retourne vers la mer. L’espacement dans le temps (entre 20 et 40 minutes) de ces vagues les rend particulièrement dangereuses car les populations qui ont échappé à la première vague pensent souvent que la catastrophe est terminée et se rendent près des rivages pour constater les dégâts et porter secours. Contrairement aux vagues de tempêtes, les tsunamis déplacent d’importants volumes d’eau. Ce déplacement est particulièrement destructeur une fois qu’il touche la côte car il véhicule de nombreux débris (mobilier, morceaux de bâtiments, voitures, etc.).

Comment se crée un tsunami ?

Un tsunami se crée lorsqu’une grande masse d’eau est déplacée. Les tsunamis sont quasi exclusivement d’origine géologique contrairement aux submersions marines qui sont la conséquence d’éléments météorologiques.

Suite à un séisme, un glissement de terrain ou une éruption volcanique, la couche océanique est ébranlée, avec un soulèvement, et parfois un affaissement. La surface de l’eau commence alors à osciller et les vagues se propagent dans toutes les directions.

Lorsqu’il atteint le littoral, le tsunami peut avoir des manifestations variables. Ainsi, plus le volume d’eau déplacé est grand, plus la distance parcourue par les tsunamis sera longue, plus le linéaire de côte concernées sera élevé et plus les dégâts risquent d’être importants. Les scientifiques distinguent trois types de tsunamis.

  • Les tsunamis locaux, observables jusqu’à une centaine de kilomètres, sont provoqués par des séismes (d’une magnitude de 6,5 et 7,5), des glissements de terrain ou des éruptions volcaniques.
  • Les tsunamis régionaux qui se propagent sur une distance comprise entre 100 et 1000 km et sont générés presque uniquement par des séismes de subductio
  • Les télétsunamis, capables de détruire les côtes à des milliers de kilomètres de la source.

Les tsunamis dépendent en outre du relief des côtes. Alors que les pentes fortes réfléchissent les vagues, dans les pentes douces, l’amplitude des vagues augmente. De même, un îlot sera protégé par la barrière de corail qui « casse » les vagues.

Quelles sont les manifestations concrètes ?

  • Retrait de la mer loin de la côte puis remontée très rapide qui engendre des courants violents et destructeurs.
  • Selon le relief du littoral, l’effet de la vague est amplifié.
  • De même, dans les ports et les baies qui constituent un espace fermé, les vagues vont se succéder les unes après les autres à un intervalle de 10 à 20 minutes, avec des courants importants et des tourbillons.
  • Enfin, dans les situations extrêmes, le tsunami se manifeste par une série de vagues géantes pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres de haut espacées dans le temps (entre 20 et 40 minutes).

Agir AVANT

Soyez attentifs à certains critères précurseurs si vous résidez dans une zone côtière :

  • Si un tremblement de terre important, une éruption volcanique sous-marine viennent d’avoir lieu.
  • Si vous constatez une baisse importante du niveau de la mer, qui se retire et découvre la plage sur une distance inhabituellement longue, ou si vous entendez un grondement.
  • Ne restez surtout pas dans les zones proches de la côte et soyez attentif à un éventuel message d’alerte tsunami.

Préparez-vous

  • Repérez un endroit où il sera possible de vous mettre à l’abri.
  • Préparez l’équipement nécessaire (médicaments, papiers d’identité, lampe de poche etc.), détaillé dans le Guide de préparation aux situations d’urgence.

Que faire en cas de tsunami ?

Si vous êtes à terre

  • Restez à l’écoute de toutes les consignes délivrées par les autorités.
  • Dès l’alerte, éloignez-vous le plus loin possible des côtes ou essayez d’atteindre un promontoire à quelques dizaines de mètres pour être épargné (un petit tsunami peut en effet être extrêmement violent jusqu’à plusieurs kilomètres plus loin).
  • Emportez, si vous avez pu les rassembler au préalable, les équipements de première nécessité (lampe de poche, radio portative, eau potable, nourriture, médicaments, couvertures….).
  • Ne descendez jamais sur la plage pour observer un tsunami.
  • Les vagues de tsunamis ne roulent pas et ne cassent pas : il est inutile et dangereux de vouloir en profiter pour faire du surf.
  • Grimpez sur le toit d’une habitation ou la cime d’un arbre solide ; en dernier recours, accrochez-vous  à un objet flottant que le tsunami charrie.
  • Ne prenez la mer sous aucun prétexte.
  • Ne téléphonez qu’en cas d’urgence vitale, pour laisser les secours disposer au mieux des réseaux téléphoniques.

Si vous êtes en mer et qu’un avertissement de tsunami est publié, ne retournez pas au port.

Que faire APRÈS un tsunami ?

  • Restez hors de la zone dangereuse tant qu’un avis de retour à une situation normale n’a pas été émis par les autorités.
  • Si vous êtes en mer, restez à l’écoute des autorités pour vous assurer que les conditions d’un retour au port sont favorables.
  • Avant d’utiliser l’eau du robinet pour des usages alimentaires (boisson, préparation des aliments, cuisson,…), assurez-vous auprès des autorités locales qu’elle soit potable et, dans tous les cas, faites couler l’eau afin de nettoyer le réseau et d’évacuer l’eau qui a stagné.
  • En cas d’utilisation de l’eau d’un puits privérenseignez-vous également auprès de la mairie avant de le remettre en service et de l’utiliser à nouveau pour des usages alimentaires.
  • Vérifiez l’état des aliments congelés/réfrigérés et jetez-les si vous avez le moindre  doute.
  • Afin de prévenir les intoxications au monoxyde de carbone et en cas d’utilisation de groupes électrogènes, veillez à respecter les consignes d’utilisation et à les placer à l’extérieur du bâtiment. Il est recommandé de ne pas utiliser de chauffage d’appoint en continu.

Consulter le plan d’évacuation pour Trois-Rivières et les sites refuges tsunami de Trois-Rivières

 

Source : UMR GRED, 2018

Consignes d’évacuation en cas de tsunami.
Source : UMR GRED, 2018

 

*Sources Préfecture Guadeloupe – Chaîne YouTube Sikana FR – UNESCO – CIO

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